Introduction

Categorie: (Invitation au Voyage (yaoi)) Auteur: Utopiα Date: le 13-08-2007

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INVITATION AU VOYAGE
INTRODUCTION

22 Mai 2007, Singapour, République de Singapour

Je me nomme Caleb, j’ai 16 ans… Je me décide à commencer aujourd’hui mon livre de voyage, mon carnet de bord, devrais-je plutôt dire…
Encore faut-il être parti de quelque part… Je ne sais même pas de quel pays sont partis mes parents il y a vingt ans lorsqu’il ont commencé leur tour du monde en voilier, et je sais juste que je suis venu au monde sur les eaux territoriales de Namibie mais je n’ai pas connu ce pays après ma naissance, nous n’y sommes pas encore retournés. Il y a trop de pays, trop de civilisations, trop de gens à voir vivre, je me perds souvent dans ces dédales et j’avoue connaître plus les autres que je ne me connais moi-même.
Parfois je vois ma vie comme ce bateau, un coquille de bois vide. Lors de notre voyage j’ai collecté les échantillons de vie de milliers de gens, mais il semble que moi je n’en aie aucune… Je ne connais pas grand-chose des relations humaines, rien de l’amour, rien de la sexualité, à part ce qu’en disent les livres que je lis pendant les périodes en pleine mer, et c’est fort évasif…
Lorsque je me regarde dans le miroir, je vois un jeune garçon aux longs cheveux châtain clair, à la peau matifiée par l’exposition au soleil, plus brune que mes cheveux, j’ai l’apparence d’un enfant sauvage au regard vide, vide comme un bateau, et pourtant plein, empli de fragments de vie, mais ces vies ne sont pas la mienne… Nous avons levé l’ancre ce matin en direction de l’Archipel des Tuamotu, celà nous prendra certainement plusieurs jours compte tenu du fait que nous sommes partis de Singapour sous un temps orageux. Nous allons plus précisément à Takaroa, et malgré que ce soit un coin paumé, j’ai des papillons dans l’estomac, pour la première fois de ma vie. Je suis anxieux et pressé pour la première fois car je vais revoir mon ami d’enfance, le seul… D’habitude on ne reste jamais assez longtemps quelque part pour s’attacher vraiment aux personnes que l’on y rencontre, mais quand j’avais 8 ans, ma mère était tombée très malade et nous avions dû rester sur-place pendant six mois après l’opération pour qu’elle se repose. Cette escale à long terme m’avait permi de faire la connaissance d’Anapa, qui avait mon âge, et avec qui je jouais et je me baladais quand j’étais môme. C’est affolant comme je suis nostalgique de cette insouciance que nous avions, et pour la première fois, mes parents et moi avions levé l’ancre avec l’amertume de quitter ceux avec qui nous avions vécu ces six mois. Avant d’embarquer j’avais fait mes adieux à Anapa, qui pleurait tout son soûl, ne comprenant pas pourquoi je ne pouvais pas rester… Cet enfant était comme moi: seul. sur des atolls si petits il y a très peu de gosses, Anapa a grandi dans une grande famille mais celà ne suffit pas, on se sent vite enfermé dans un cocon. Déjà à 8 ans, en plus de l’école, il aidait son père et ses soeurs à la ferme perlière, ce n’était pas un travail harassant car étant donné son âge, il en faisait peu, c’était juste pour apprendre, car il aurait été étonnant qu’il reste assez d’argent à sa famille pour l’envoyer faire des études à Faa’a après toutes ses soeurs.
Bordel, même si j’ai déjà patienté huit ans je me demande comment je vais pouvoir supporter ces quelques jours d’attente en mer… Je me demande aussi s’il y vit toujours, s’il se rappellera de moi, s’il aura ne serait-ce qu’un peu de temps à me consacrer…